Une interview exclusive par nos journalistes spécialisés.
Des rumeurs persistantes font état d’une épidémie concernant 10% à 20% de la population française. Nous avons interrogé Monsieur Urbain TIEG, responsable de l’enquête en cours qui a tenu a conserver l’anonymat.
Urbain TIEG, que se passe t-il réellement ?
Nous sommes confrontés à des agressions répétées sur un nombre croissant de nos concitoyens.
Quels concitoyens ?
C’est bien le problème. Le ou les criminels s’en prennent à des gens de tous âges et toutes professions, et encore plus souvent à des enfants.
Comment réagissent les victimes ?
Assez mal : on assiste à des réactions excessives de leur part, leur organisme semble se défendre sans que leur volonté n’intervienne. C’est très troublant.
On a parlé d'agressions diversifiées ?
Oui, et c’est bien cela qui nous perturbe.
Beaucoup de victimes éternuent ou ont du mal à respirer, on dirait de l’asthme ou un rhume des foins; d’autres ont les yeux rouges. Certains parlent de conjonctivites.
Bizarre en effet, le nez, les yeux ! L’agresseur s’en prend donc au visage des victimes ?
Pas toujours : on a constaté aussi des agressions sur la peau comme de l’urticaire ou de l'eczéma. Or, après interrogatoire de voisinage, certaines victimes ne peuvent avoir rencontré d’orties qui semblent donc pouvoir être mises hors de cause.
Des douleurs abdominales, des diarrhées, des vomissements, le criminel semble utiliser des poisons dans certains cas ?
Oui mais là encore pas toujours. Il lui arrive de provoquer des gonflements du visage, et de la langue en gênant la respiration.
Il utilise certainement des armes élaborées provoquant parfois chute de tension, accélération du pouls et perte de connaissance.
Pour faire savant, mon équipe appelle cela un choc anaphylactique.
Une piste sur le coupable ?
Nous sommes certains qu’il s’agit d’un réseau multiforme aux connexions complexes qui recrute chez tous les ennemis de la population.
Des noms ?
C’est encore un peu tôt mais nous avons identifié plusieurs groupes du réseau.
Où se cachent-ils ?
Plusieurs groupes ont réussi à se dissimuler dans l’air, ce sont les acariens, les moisissures, les blattes et certaines protéines animales.
D’autres ont construit de véritables planques dans l’alimentation : œuf, lait ou arachide.
Plus fort encore, des groupes ont intégré le nickel ou le mercure et se sont introduits dans les cosmétiques (lanoline, colorant, colophane…) ou dans l’industrie pharmaceutique (surtout les fabricants d’antibiotiques et de produits anesthésiques).
Qui coordonne ces groupes ?
Nous n’arrivons pas à remonter la filière, nous avons longtemps cru que les insectes piqueurs étaient au cœur de cette action de déstabilisation.
Aujourd’hui, après des interrogatoires poussés, nous savons que les guêpes, les fourmis, les frelons, les moustiques, les taons et les puces ont leur part de responsabilité. Par contre, aucune de ces bandes n’a le pas sur l’autre et ne coordonne l’ensemble. Il n’y a pas, selon toute vraisemblance, de grand chef comme Al Capone ou plutôt d’Al Lergy.
Très drôle M.U.TIEG ! Des multiples coupables donc, des arrestations prévues ?
Oui, notre brigade spécialisée progresse, composée de scientifiques de haut niveau, pour trouver quelques moyens pour mettre la population à l’abri de ces malfaisants.
Vous parlez des A.L.R.G.O.L.O.G ?
Ce sigle signifie : Avant Les Réactions Graves, Obligation Légale d’Orientation Généralisée.
Tout un programme ! Comment travaille votre brigade ?
Nous procédons à un interrogatoire approfondi de la victime. Si nécessaire, pour la faire parler, nous utilisons des tests cutanés (prick-test, patch-test, intradermo-réactions), voire des prises de sang. Ceci fait souvent réapparaître des souvenirs importants pour l’enquête que la victime avait occultés.
Et ensuite ?
Procès et incarcération ne donnant rien, nous procédons à l’élimination radicale du coupable dans la mesure du possible en l’empêchant d’atteindre la victime.
Celle-ci peut être protégée par des défenses spécialisées (comprimés ou injection d’antihistaminique et/ou corticoïde). En plus, on demande à la victime sa collaboration : fuir le tabac en cas d’asthme ou de rhume de foins ou de conjonctivite, éviter les vêtements en laine ou hydrater la peau en cas d’eczéma.
Des mesures très complètes mais cela suffit-il à décourager l’agresseur ?
Pas toujours hélas. Nous sommes amenés à désensibiliser certaines victimes en leur faisant rencontrer de plus en plus d’agresseurs (allergènes pour les intimes) pendant une durée de 3 à 5 ans.
Pour les victimes les plus graves (oedème de Quincke, choc anaphylactique), nous leurs donnons un kit d’urgence à avoir sur elles de façon permanente (seringues pré dosées ou stylo auto injecteur d’adrénaline).
Et l’entourage ?
Lorsque la famille a été touchée, les enfants ne doivent pas bénéficier d’une alimentation diversifiée avant 4 mois.
Des conseils à la population ?
Oui, la méfiance. Nos adversaires aiment la fumée de cigarette, les accumulations de peluches, les pics de pollution, les savons parfumés, les animaux domestiques, le manque d’aération. Autant de situations à éviter pour nous aider.
La brigade a mis en place un site Internet pour faire progresser l’enquête : www.allergienet.com
Merci M.U.TIEG et bon courage
Au revoir, et soyez prudents.